Liste des produits de la marque Virgil Brill
Né en France
COLLECTIONS PUBLIQUES
Fondation Regards de Provence, Marseille – France
Fonds Municipal d’Art Contemporain, Marseille – France
Reflex Museum (Musée de la miniature) Amsterdam – Pays Bas
Center for Photography, Woodstock – USA
Maison de la Photographie, Prague – République Tchèque
Musée Jénisch, Vevey – Suisse
SELECTION D'EXPOSITIONS
2013
Mim galerie, Martel (Mémoire du Pays d'Or)
2011
Salon Balt’Art Contemporain, Pavillon Baltard, Paris (Nogent/Marne)
Salon MACParis, Espace Champerret
2010
“ las Sombras, el tiempo y tambien el viento” C.C. Recoleta, Biennale “Encuentros abiertos” Buenos Aires, Argentine
Salon MACParis, Espace Champerret
2008
le Temps et les Ombres, “Photo Event” de Turnhout, Belgique
2007
Migrations, Château-Musée de l’Impéri, Salon-de-Provence, à l’occasion de la sortie du livre “l’Aventure intérieure”
l’Impossible révélation, Espace Commines, Paris (Rencontres Leica)
2004
Nouvelles Migrations & les Fées – à la Galerie Athanor à Marseille.
Nouvelles Migrations au Cloître des Carmes, dans le cadre de «Chemins de traverse», en Avignon
2003
Eaux douces, eaux salées – Exposition thématique à l’Atelier des Eyguesiers, Aix-en-Provence
Rencontres d’Arles, exposition avec William Ropp, Claire Petit et Véronique Brill, 3 rue du Séminaire.
Migrations 2003 lors du Festival Itinérant Pyrénéen à Montgarri en Espagne.
Cami de Aigua, Installation de grandes toiles au bord du torrent à La Seu d’Urgel en Espagne.
Galerie Krisal lors de Paris Photo au Carrousel du Louvre
Le livre des Migrations et le livre des Fées, à Lilas en scène (Paris-Les Lilas)
2002
Migrations – Galerie Koen Lauwaert, Bruxelles
Vous y étiez, nue, avant le crépuscule & other stories - Blibliothèque Universitaire du Technopôle de Marseille Provence.
Rencontres d’Arles, Exposition avec William Ropp, rue des Pénitents Bleus
Le Ruisseau, Espace Originel, Montalivet, Médoc
Nue dans un rêve ancien (Photo&vidéo) - Atelier des Eyguesiers, Aix-en-Provence
2001
Atelier des Eyguesiers, Aix-en-Provence exposition collective
La Femme – exposition thématique de la Fondation Regards de Provence Château Borély, Marseille
« E et L » – exposition thématique Atelier des Eyguesiers, Aix-en-Provence
Rencontres en Arles, 7 rue de la Liberté exposition avec William Ropp
Le Corps photographié – (Expo thématique) Maison des Arts, Carcès
Migrations – dans le cadre du “Parcours de l’Art”Salle Benoît XII, Avignon
2000
Galerie Athanor, Marseille
Espace Originel, Montalivet
DeFrog Gallery, Houston, Texas (USA)
1999
Galerie Athanor, Marseille
Fort Napoléon, La Seyne-sur-Mer et La Bouchonnerie, Pierrefeu du Var
Rêves ou réalités - Château Borély, Marseille exposition thématique Fondation Regards de Provence
Galerie Athanor, Marseille, exposition collective
Frères humains – Espace Originel, Montalivet
1998
Les Pénitents Bleus, La Ciotat
Espace originel, Montalivet
Salon Art et Entreprise - Fondation Vasarély, Aix-en-Provence
1995
Galerie Brenet-Nicolaï, Marseille (Mémoire du Pays d'Or)
1993
Hôtel de Claviers, Brignoles (Mémoire du Pays d'Or)
À l’aube, à certaines aubes, un homme sort de chez lui et prend des chemins. Il regarde au loin, attend, regarde encore, toujours au loin. Finalement et parfois, l’homme s’arrête et ouvre une petite boîte face au monde réel. La lumière du monde réel entre dans l’ouverture de la boîte et flirte avec le gélatino-bromure d’argent. De cette rencontre, quelques chimies plus loin, naît un objet baptisé négatif. L’homme, qui s’appelle Virgil Brill, confie alors la chose à un autre homme, un artisan réputé qui lentement, et avec mille mystères, applique des secrets découverts par son père et son grand-père. Le résultat est là.
Étrangement, dans le résultat, il y a des clins d’œil de vieux poètes taoïstes Chinois. Li Po, Tchouang-Tseu, Chen Tao et toute cette bande. Je case ces farceurs dans un coin – ils dérangent – et pose la première question : est-ce de la photo ou de la peinture ?
C’est de la photographie, dit Virgil – comme Bresson dirait du cinématographe. Mais la question n’est pas inutile."
La mémoire floue
« Je n'inscris pas mon travail dans des anecdotes ou dans l'actualité. Il y a des gens qui font çà à merveille, mais moi je ne suis ni descriptif, ni narratif ». Et pourtant les photographies que Virgil Brill présente actuellement à la Chapelle des Pénitents Bleus de La Ciotat, collent à la peau de ce réel qui se dérobe devant nous. Son exposition s'intitule Migration - Migrations et nous parle de toutes ces frontières intérieures que l'on franchit clandestinement, tantôt avec délices, tantôt avec effroi. Elle nous entretient de la libre circulation des âmes, de la quête d'un droit d'asile intime qui procurerait enfin l'apaisement. Inutile donc de chercher des sans-papiers, des Bosniaques ou des Rwandais derrière les silhouettes nues qui peuplent de manière obsédante les images de Virgil Brill. Inutile dons de chercher à mettre des noms sur ces formes humaines que le photographe a capturées avec son objectif volontairement trouble. Dans un autre contexte, ce ne seraient sans doute que des nudistes, au mois d'août, quelque part en France, au bord de l'Atlantique. Mais ici, ni les individus, ni l'espace ne sont identifiés. Des étendues de sable, puis de mer, puis de ciel, à n'en plus finir.
Des horizons qui se chevauchent et qui marquent la finitude de ce monde sans pour autant nous interdire d'envisager, ou d'espérer d'autres possibles. Et là, un peu partout, ces ombres qui vaquent. Et l'anodin brouillé. Il n'y a plus de situation innocente, juste la condition humaine, ce statut d'animal grégaire qui avance seul vers un destin qu'il ignore. Le sentiment de solitude émerge justement de cette multitude et de ce flou. Le jeu incessant dans les cadrages, dans les formats multiplie les points de vue, apporte ce que Virgil Brill nomme des « configurations porteuses de sens ». Un relief sensoriel renforcé par une dimension musicale (une installation sonore de Georges Lartigau). Il ne manque même pas le verbe puisque l'écrivain Jacques Serena décline ses mots (encore une histoire d'amour impossible) autour, entre et dans le très beau livre qui installe cette rencontre dans une autre durée : celle de la page.
Fred Kahn, dans Le pavé, mai-juin 1998