Liste des produits de la marque Tanguy Tolila
Né en France. Vit et travaille à Angers (France).
FORMATION
1968-1971
Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, atelier Singier
1969-1974
Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris
COLLECTIONS PUBLIQUES
Fondation Woolmark
Fondation Colas
Fondation Bouvet-Ladubay
Ville d’Angers
Musée des beaux-arts d’Angers
Crédit Mutuel
Artothèque Musée des beaux-arts de Brest
Artothèque Angers
Collection Louis Vuitton (LVMH)
SÉLECTION D'EXPOSITIONS
2024
« A quatre mains », avec Nadine Altmayer. Amélie Maison d’Art, Paris
2023
"Aux contours effacés », avec Delphine de Luppé, Amélie Maison d’Art, Paris
The Invisible Collection gallery avec Amelie, Maison d'art, New York
« Bleu, Blue, Blau », galerie du Domaine perdu, Meyrals
2022
Galerie Belle Beau x Amélie, Arles
2021
« L’artiste, cet autre collectionneur » Galerie du domaine perdu, Meyrals
2019
"Super-position", Conran shop avec Amelie Maison d’art, Paris
« Black & white », galerie du Domaine perdu, Meyrals
2018
Galerie le Domaine Perdu, "de l’art d’accommoder les restes", Meyrals 24
Lafayette anticipation, « A rebours », collectif Milk décoration, Paris
Galerie La Navire « Ecritures », Brest
Galerie Roy Sfeir, Paris
Galerie Zeuxis, »Livrez-vous », Paris
2017
Galerie Zeuxis « Supports studieux », Paris
2016
Galerie Zeuxis, espace Eiffel, Paris
Galerie Roy Sfeir, rue de Seine, Paris
2015
Livres ouverts, Galerie Roy Sfeir, Paris
"Territoires", Galerie Lionelle Courbet, Paris
2014
« Livres ouverts », galerie Roy Sfeir, Paris
« Oiseaux » galerie Lionelle Courbet, Paris
2013
Galerie Roy Sfeir, Paris
Galerie des Iles lointaines, Angers, 49
Chapelle « Les Ursulines » , Ancenis, 44
2012
Hommage, Chapelle Ste Anne, Pornichet, 44
Galerie AVV, St Mathurin sur Loire
Galerie Roy Sfeir, Paris
2011
Mac Paris, Paris
Galerie Roy Sfeir, 6 rue de Seine, Paris
Abbaye de st Florent-le-Vieil, 49
2010
Mac Paris, Paris
7th Ansan international art fair, Seoul (Corée du Sud)
2009
Partitions, Château de Carrouges , 61
2007
Galerie Gaultier, Quimper, 29
2005
Travaux récents, partitions, cartes et calques, Musée des Beaux-arts d’Angers, 49
Salon « Triptyque" , Angers
« Black & white », galerie du Domaine perdu, Meyrals
2003
Exposition Francis Limerat - Tanguy Tolila
Centre d’art contemporain Bouvet-Ladubay, 49
1999
Grand théâtre d’Angers
Week-art, le Mans, 72
Euro Celtic art, Lorient, 56
Mémoires de mer, galerie le Faoudic, Lorient
Tanguy Tolila se consacre à la peinture depuis trente ans. Au cours de ces dernières années, tout en poursuivant un travail sur la toile, il peint ou dessine sur du papier qu’il récupère, anciennes partitions de musique avec des notations qui s’égrènent sur des portées, des blanches, des noires, des rondes, des croches, des doubles-croches, des soupirs, des demi-soupirs, des cartes de géographie ou d’état-major pliées avec minutie et souvent marouflées sur toile, d’anciens patrons de couturières avec leurs élégants motifs ornementaux.
Tanguy Tolila s’appuie sur leurs textures, leurs pliures, leurs détails, tous différents, pour peindre des formes et dessiner des lignes ; faire jouer les unes avec les autres.
Plus ou moins serrés, plus ou moins marqués, les plis du papier lui servent de support et organisent son intervention. Il délimite des surfaces sobrement colorées à l’aide d’un jus ou, plus exactement, de jus car l’on distingue qu’il opère par passages successifs, par adjonction, par superposition de couches picturales, certaines renforcent, d’autres atténuent, éteignent l’ardeur d’une tonalité. Ces jus jouent sur des camaïeux clairs aux subtiles colorations, nuances éteintes, terreuses, opalescentes, fangeuses… Plus rarement leur auteur a recours à une tonalité forte, et, dans ce cas, avec audace, un rouge illumine. Son remplissage alterne pondération et prise de risque, réussite ou repentir. Et lorsqu’il n’est pas satisfait, alors il maroufle une nouvelle pièce de papier qui cache tout ou partie de la précédente, complique le support sur lequel il intervient et lui offre un nouveau terrain d’aventure.
À la suite ou concomitamment à cette mise en place du fond, il peut dessiner un trait, trait générateur, trace minimale de la pratique picturale, marque de l’appropriation de l’espace. Il s’agit d’une forme linéaire, simple forme première, ancestrale, emblématique de toutes celles qui cherchent à signifier. Il pourrait s’agir d’une tentative d’esquisser l’idée d’un paysage, d’un corps, d’un visage. Mais avant tout, il s’agit d’épouser ou d’occuper la surface de la feuille de papier, de dialoguer avec les accidents qui la parcourent. Cette ligne noire, très noire, est première, essentielle, et l’on sent qu’avant d’advenir à la surface, elle est d’abord espace mental, moyen pour celui qui la dessine d’appréhender ce matériau qui, bien que plan, est compliqué dans sa texture, dans son histoire, dans son espace, dans ses inextricables entrelacements.
Le résultat est d’abord global. Une ambivalence colorée. Puis il est subtil. Subtilité des gestes nourris d’une tendresse et d’un respect pour la vénérabilité autant que la vulnérabilité de son support. Distinction dans la combinaison des repentirs et des ajouts, on perçoit le temps que la pratique du peintre, ses hésitations tout autant que ses audaces ou ses timidités à faire apparaitre une forme sur le papier, à aller un peu plus loin pour voir si son audace aura raison de sa réserve. Parfois, il en résulte une satisfaction, d’autres fois il lui faut revenir en arrière, atténuer, soustraire, effacer, oublier. Le temps de la pratique est à lire là, avec la répétition des mêmes gestes précis, assurés, et la méditation qui permet à d’autres d’advenir, proches et différents.
Papier calque, carte d’état-major, partition de musique, couverture de livre, patron de couture, bois d’épave… De toutes les matières, Tanguy Tolila préfère celles marquées par leur vie antérieure. Parfois centenaire, leur peau mûre fait des plis, rides que l’artiste chérit. Car elles lui servent de trame, de guide. Chaque couche de jus joue le jeu, révélant, en toute transparence, les signes de l’âge. Après le glacis vient la ligne, vraie signature. Plus ou moins épaisse, droite ou courbe, elle s’étire ou se brise, en croise une autre, fait un tour, une pause, laissant le cœur en paix. Tanguy Tolila tient à ce silence intérieur, sensible au style Bauhaus de Mies Van der Rohe, ennemi du superflu. Graphique, quasi géométrique, l’ensemble est “pur et dur”, sorte d’architecture bâtie autour de formes élémentaires, jamais “molles” et toujours “en tension”, de tons sourds qui “grincent”. Il arrive que des touches de jaune, d’orange, de vert ou de violet égaient le gris de ses grilles, comme des confettis semés sur un trottoir, ou les éclats du marbre. Il s’agit là sans doute de l’unique fantaisie de son art sobre, plein de délicatesse envers des objets de seconde main, supports fétiches de sa peinture. Ainsi de ces ballons de basket usés, fossiles lézardés ou maculés de taches proches des ectoplasmes de Claude Viallat. Ces “planètes” figurent, avec ses “échelles”, parmi les seuls motifs connus de son système sommaire, où ne flottent sinon que des rochers à l’horizon.
Virginie Huet