Liste des produits de la marque Marie-Claude Bugeaud
EXPOSITIONS PERSONNELLES
2018
La liberté à l’œuvre galerie Berthet-Aittouarès, Paris
œuvre sur papier, galerie Olivier Nouvellet
2016
peintures, 2015-2016 galerie Djeziri-Bonn, Paris
2015
concrète fiction, galerie béa-ba, Marseille
autour du livre, galerie Djeziri Bonn, Paris
2013
galerie Djeziri Bonn-Linard, Paris
2011
galerie Jean-Greset, Besançon galerie AL/MA, Montpellier.
2010
Eric Linard galerie, , La Garde Adhémar2009Hôtel des Arts, Toulon.
2009
Galerie Vieille du Temple, Paris.
2005
Les Judith, Abbatiale de Bernay, Eure.
galerie Franch Font, Montpellier.
l'art dans les chapelles, Saint Tugdual, Quistinic.
2004
Papiers découpés, papiers retrouvés
Maison des arts d'Evreux, Maison des arts de Bagneux.
2003
le 19, CRAC: Ecole d'art de Belfort.
Moments artistiques, Christian Aubert, Paris.
2002
galerie Julio Gonzalez, Arcueil.
2001
galerie de l'ESAD, Reims.
2000
Maison des Arts de Malakoff.
EXPOSITIONS COLLECTIVES
2022
Dedans/Dehors, Galerie Béa-Ba, Marseille
2021
3 femmes en couleurs, Galerie Berthet-Aittouarès, Paris
2020
galerie Jean Greset, Besançon.
galerie des femmes, Paris
Le pieds de la lettre,Tita Reut, Marie-Claude Bugeaud.
édition Ecarts , galerie Berthet Aittouares
2019
Flora Maxima, domaine de Kerguéhennec, Morbihan
Drawing Now, galerie Berthet-Aittoarès, Paris 3 femmes,
3 générations, MC Bugeaud, Vera Molnar, Anne Ferrer, Bugeaud, Colin-Colin, Demozay, Galerie Béa-Ba, Marseille
2018
tree free, Bugeaud,Destarac,Lacalmontie,Galerie du Canon,Toulon.
au fil du siècle 1918-2018 Galerie des Gobelins, Paris.
186 feuilles collectionde dessins de la Ville de Vitry.
2017
Musée des beaux Arts de Saint LÔ
Marie-Claude Bugeaud, Chantal Petit, Mamadou Cissé.
La proposition embarassante, Villa balthazar, Valence.
Marie-Claude Bugeaud, Nathalie Da Silva
Passion centre d'Art sacré, Lille
croisement, galerie Olivier Nouvelle, Paris
Les unes et les autres, galerie du 5ième, Marseille
2016
dessins et petits formats, Galerie Djeziri-Bonn, Paris
douze mois de passion Annick & Louis Doucet, Langueux
le dessin d'abord,Musée de Nogent Le Rotrou
Transmitter gallery, Brooklyn, USA
de la couleur à la lumière Abbaye de La Celle, Var
livres d'artiste au féminin Edit. Méridianes, Montpellier.
le dessin d'abord, Musée de Nogent Le Rotrou.
bringsomething-pink, Carte blanche à Look-Listen, Paris.
des peintures Subito-Presto, Paris.
pourquoi pas, Galerie Olivier Nouvellet, Paris
2015
dessins et petits formats, Galerie Djeziri-Bonn, Paris
No Limit n°11, Bugeaud, Bouffandeau, La Vigie, NïmesSLICK, galerie Djeziri-Bonn, Paris
avec elles, pour finir en beauté,galerie L'AGART, Amilly
Carte blanche à Pierre Buraglio,galerie Jean Fournier, Paris
2014
autour du dessin, galerie Djeziri-Bonn
Color Abstr(Act), galerie béa-ba, Marseille
Où est passée la peinture, Fontenay sous Bois
She'is a rainbow,Galerie Jean Greset, Besançon
l'origine du monde:une proposition contemporaine. galerie Jean Greset, Besançon - galerie Maréchal, Ornans
2013
SLICK, galerie Djeziri-Bonn-Linard, Paris
trois fois rien, le 19, CRAC, Montbelliard
Où est passée la peinture, Fontenay sous Bois
Galerie Olivier Nouvellet, Paris.
She's a rainbow, Galerie Jean Greset, Besançon.
2012
rencontres d'octobre, carte blanche à Olivier Delavallade, galerie Jacqueline Boissier, Paris.
Art on paper, galerie AL/MA, Bruxelles.
réserve sans réserve,Eric Linard, La Garde Adhémar.
Carte blanche à Pierre Buraglio, galerie Olivier Nouvellet, Paris.
Couleur du corps, Moissac-Bellevue.
Nice to meet you, galerie MGE, Pantin.
2011
drawing room 011,galerie AL/MA, Montpellier.
carte blanche à Nicole Dortindeguey, galerie Deleuze-Rochetin, Arpaillargues.
Art Protect galerie Yvon Lambert, Paris.
2010
Salon du dessin, galerie Vieille du Temple, Paris.
2009
Un fond si proche, Carte blanche à Olivier Delavallade, l'H du siège, Valenciennes.
Regard sur la collection du Conseil général du Var, Hôtel des Arts, Toulon.
Carte blanche à Lydia Harambourg, Maison des arts de Châtillon.
réserve sans réserve , Eric Linard Galerie, La Garde Adhémar.
2008
Traviol'expo Galerie Vieille du Temple, Paris.
Sextet, Galerie Vieille du Temple, Paris
Sexet Musée des Beaux Arts, Lönnströmin, Rauma, Finlande.
20 ans et plus Galerie Vieille du Temple, Paris.
Il y a cette tentation de la beauté, et la nécessité de la détruire. Il y a ce risque de céder à l'habileté, et puis le travail comme une manière de la renverser. Cela commence par un monochrome, certes pas totalement uni, plus badigeonné que « bien » peint, mais suffisamment là, suffisamment présent pour que cette présence même, si forte par son évidente simplicité, s'impose. Contre le peintre, malgré elle. Ainsi commence le travail de Marie-Claude Bugeaud : par cette tentation d'en rester là.
Ainsi se construit sa pratique : par sa capacité à briser, par d'autres signes, le charme du monochrome.
Son art est celui du dessinateur : art du trait qui incise et sépare, qui délimite et fend, art dont la justesse ne se mesure qu'à l'aune de ce que chacun de ses traits détruit, qu'à l'aune de cette blessure que chaque trace inflige au monochrome premier.
Marie-Claude Bugeaud coupe dans la couleur, instaure l'espace par un simple trait qui fait d'un blanc, ou d'un bleu, ou de quelque autre couleur non plus un aplat mais un espace soudain poreux. Son art est celui du peintre qui s'empare de tous ce que le tableau lui offre. Pour elle peindre est un combat, mais un combat d'autant plus fort qu'il se doit d'être discret.
Pierre Wat
Là où naissent les images
Quelques formes : des points, des lignes, tracées sur la toile ou bien sur des fragments de papiers découpés et collés. De ces formes peuvent surgir des figures : une chaise, une paire de pantoufles, un visage ou encore un paysage. Ce dessin s’associe à une surface colorée qui peut être diluée ou opaque, de couleur vive ou plus légère. Parfois des recouvrements successifs donnent à la couleur une vibration et une luminosité particulière.
Points, lignes, surfaces colorées : on reconnaîtra dans cette liste une épure des moyens, un vocabulaire réduit aux éléments premiers de la peinture. Et pourtant, cette description formelle manque l’essentiel : la peinture de Marie- Claude Bugeaud est un art de relations. Le dessin procède de la rencontre avec un fond, tracer dans la couleur relève non pas d’un équilibre mais d’un accord juste, au sens musical. De cette rencontre résulte une capacité d’évocations multiples à partir de la simplicité de ces éléments. Le point et la ligne ne sont jamais des formes pures, ou simplement abstraites chez Marie-Claude Bugeaud. Avec la couleur, ils sont des traces et des liens qui relient des sensations, des souvenirs et des émotions. La peinture ne se referme pas sur elle-même, elle ne procède pas d’une réduction mais d’une ouverture, elle accueille l’enchevêtrement des sensations, saisi dans l’instant et déposé dans l’espace matériel du tableau.
Il faut ici remarquer que l’oeuvre de Marie-Claude Bugeaud s’initie dans une période où l’on proclamait précisément une réduction de la peinture, jusqu’à son degré zéro, jusqu’à la répétition du même ou l’arrêt de peindre, si on songe à Michel Parmentier ou à Simon Hantaï. Or, la démarche de l’artiste atteste du refus de cet épuisement de la peinture, du renversement de cette injonction vers le moins pour une expression toujours renouvelée d’un ici et maintenant. Un tel positionnement, associé au dépassement de l’opposition entre figuration et abstraction, a d’abord rendu cette œuvre difficile à situer, à ranger des les catégories habituelles, en particulier en France. Pourtant, cette peinture partage des orientations communes avec celles d’artistes comme Mary Heilmann aux Etats-Unis ou Raoul De Keyser en Europe, des orientations qui ont initiées un renouvellement de la peinture et dans lesquelles se sont reconnus nombre d’artistes des générations suivantes.
Le refus de la clôture de l’oeuvre, chez Marie-Claude Bugeaud, se manifeste dans le mouvement qui parcourt toute sa peinture. Le mouvement est d’abord dans cette relation entre le dessin et la couleur. Le fond monochrome n’est pas, comme il l’a été chez beaucoup d’artistes, un achèvement mais au contraire une impulsion, un appel vers un dessin qui particularise cette surface dans une émotion singulière. Le dessin lui-même est indissociable du geste. Qu’il s’agisse d’une répétition de lignes ou de points ou bien qu’il fasse surgir un motif, il apparaît, dans son tracé, comme une proposition éphémère née de la rencontre avec la surface colorée. Il en résulte également une peinture qui intègre ses repentirs, ses reprises, ses accidents comme le mouvement même de son apparition. Rapportée à ce mouvement, on comprend que la peinture de Marie-Claude Bugeaud n’est ni figurative, ni abstraite mais se situe par delà ces oppositions, dans l’acte de peindre qui peut accueillir divers formes et gestes.
Parmi ces formes, les quelques motifs qui apparaissent - ici des chaises, là « des pantoufles du confinement » - montrent une attention aux choses et, à travers elles, aux corps qui les manipulent, les usent ou simplement s’y reposent. C’est la dimension corporelle, charnelle, souvent sensuelle même de cette peinture qui se révèle ici de manière plus évidente mais qui est en jeu dans la relation du dessin et de la couleur. La peinture recueille les sensations passées et présentes, les désirs et projections, suspendue dans la légèreté de l’instant. Elle ne cherche pas à faire image mais se situe là où naissent les images, dans l’entremêlement de nos perceptions et de nos désirs.
Romain Mathieu